Interview de Agathe BERAUD de marechal-fraicheur : Réussir dans la communication et le marketing de produits frais

Bonjour Agathe, pouvez-vous vous présenter et nous parler de Marechal Fraîcheur et de son offre en produits frais ?

Bonjour, je m’appelle Agathe, je suis responsable communication et marketing chez Maréchal Fraîcheur depuis plus de huit ans.

Maréchal Fraîcheur est une entreprise agricole lyonnaise fondée en 2010 par la famille Maréchal (maraîchers depuis 1886), spécialisée dans la livraison de paniers de fruits, légumes et produits frais, majoritairement locaux et de saison. Nous livrons sur Lyon et ses environs, en points relais commerçants et entreprises partenaires. Notre rôle est simple mais essentiel : créer un lien direct entre les producteurs et les consommateurs, en privilégiant le circuit court, la fraîcheur et la transparence.

Concrètement, nous travaillons avec un réseau de plus de 80 producteurs et artisans, principalement en Auvergne-Rhône-Alpes et ses alentours. Les paniers sont préparés le matin même, avec des produits ultra-frais, puis livrés rapidement dans nos points relais commerçants ou en entreprise sur Lyon et son agglomération.

Notre particularité, c’est aussi la liberté que l’on offre aux clients : pas d’abonnement, des paniers à la carte, personnalisables, et une vraie pédagogie autour de la saisonnalité et de l’origine des produits. L’idée n’est pas de compliquer l’alimentation, mais de redonner du sens et du plaisir à l’acte d’achat, en mangeant bon, frais et local.

Quels sont, selon vous, les éléments clés pour réussir dans la communication et le marketing des produits frais, et pourquoi sont-ils cruciaux pour Marechal Fraîcheur ?

Pour moi, la clé, c’est d’abord la confiance. On ne vend pas seulement des fruits et légumes ou un panier : on vend une promesse. Celle de l'extra-frais, de la proximité, de l’origine, du respect du travail des producteurs. Cette promesse doit être tenue… et surtout expliquée.

Ensuite, il y a la pédagogie. La saisonnalité, les variations de prix, l’aspect parfois non calibré des fruits et légumes : tout ça peut surprendre. Si on ne prend pas le temps de l’expliquer, on laisse place à l’incompréhension. Chez Maréchal Fraîcheur, on montre les coulisses, on explique pourquoi un produit arrive, pourquoi un autre est en rupture, et c’est justement ce qui crée une relation durable avec nos clients.

Un autre élément fondamental, c’est l’ancrage local. Communiquer sur le local est une réalité quotidienne : les producteurs, les points relais commerçants, la logistique aux portes de Lyon. Plus cette réalité est incarnée, plus la marque devient crédible et identifiable sur son territoire.

Enfin, il y a la cohérence. Ce que l’on dit doit correspondre exactement à ce que l’on fait. Pas de greenwashing, pas de promesses floues. Cette cohérence est cruciale pour Maréchal Fraîcheur, parce que notre force repose sur une relation de long terme : avec nos producteurs, avec nos partenaires locaux et avec nos clients.

En résumé, bien communiquer sur les produits frais, c’est accepter de prendre le temps d’expliquer, de montrer et de prouver. C’est moins spectaculaire que certaines promesses marketing, mais infiniment plus solide pour construire une marque de confiance sur la durée.

Pouvez-vous nous décrire un défi majeur que vous avez rencontré dans la promotion des produits frais et comment vous l'avez surmonté en tant qu'entreprise ?

L’un des défis majeurs que nous avons rencontrés, c’est de faire comprendre la valeur réelle du produit frais, au-delà du simple prix au kilo. Aujourd’hui, les gens sont très sollicités, très comparatifs, et les fruits et légumes peuvent parfois être perçus comme des produits “basiques”, interchangeables. Or, entre un légume cueilli le matin même et un autre qui vient du bout du monde, a traversé plusieurs plateformes logistiques, la différence est énorme… mais pas toujours visible au premier coup d’œil.

Pour y répondre, nous avons fait un choix clair : mettre la transparence au centre de notre communication. Nous expliquons d’où viennent les produits, qui les cultive, comment ils sont récoltés, préparés et livrés. Nous montrons aussi les réalités du terrain : la météo, les aléas agricoles, les ruptures, les variations de volumes ou de prix. Cela demande plus d’efforts que de simplement “vendre”, mais cela crée une relation beaucoup plus saine et durable.

Nous avons également travaillé sur la pédagogie et l’incarnation. Derrière Maréchal Fraîcheur, il y a une équipe, des producteurs, des points relais commerçants. En racontant ces histoires, en montrant les coulisses de notre quotidien, nous avons réussi à transformer un acte d’achat en un choix conscient et engagé, sans jamais culpabiliser.

Ce défi nous a appris une chose essentielle : dans les produits frais, la meilleure promotion n’est pas le discours le plus fort, mais le plus juste. Et c’est cette justesse qui, aujourd’hui, fait notre différence et notre crédibilité sur le long terme.

Comment percevez-vous l'évolution des attentes des consommateurs vis-à-vis des produits frais, et comment Marechal Fraîcheur s'adapte-t-elle à ces changements ?

La manière dont les gens pensent leurs courses a changé. Aujourd’hui on ne cherche plus seulement le bon prix, on cherche du sens, de la traçabilité et une alimentation qui fasse du bien à soi-même et au monde qui nous entoure. Il y a une vraie maturation des attentes : on veut savoir d’où viennent les aliments, sous quelles conditions ils ont été cultivés, comment ils sont transportés, et quelle est leur empreinte réelle. C’est une vraie attente.

Chez Maréchal Fraîcheur, on ressent ces évolutions comme une occasion de réinventer l’expérience “produits frais” plutôt que de juste la vendre. Plutôt que d’ajouter du bruit marketing, on a choisi de donner de la voix aux producteurs, d’expliquer la saisonnalité, les aléas des cultures, les cycles naturels des fruits et légumes. En communiquant de façon plus ouverte et honnête, on rencontre une vraie résonance avec des consommateurs qui veulent comprendre, apprendre et faire des choix éclairés.

On voit aussi que l’engagement vers le local continue de croître. Les gens ne veulent pas juste du fait ici, ils veulent du juste : juste pour le producteur, pour l’environnement, pour leur santé. C’est pour ça qu’on ne met pas seulement en avant une étiquette “local”, mais des récits, des visages, des pratiques agricoles.

Enfin, il y a une envie forte de souplesse : les consommateurs ne veulent plus d’abonnements contraignants, ils veulent pouvoir tester, choisir, ajuster. On l’a intégré dans notre offre avec des paniers sans engagement, personnalisables, prêts à être adaptés à leurs besoins réels chaque semaine.

Si on devait résumer, l’évolution des attentes, c’est une transition du transactionnel vers le relationnel. C’est exactement l’espace où Maréchal Fraîcheur se positionne : pas juste livrer des produits frais, mais accompagner, expliquer et inspirer un rapport plus joyeux et conscient à l’alimentation.

Pourriez-vous nous partager un exemple d'initiative ou de campagne qui a particulièrement bien fonctionné pour Marechal Fraîcheur dans ce secteur ?

Il y a quelques années, nous avons organisé les portes ouvertes de l'exploitation, où nous avons accueilli plus de 1000 personnes sur la journée. C'était l'occasion de faire visiter les champs, les serres, nos locaux et de mettre un visage derrière le site e-commerce.

Selon vous, comment le marketing des produits frais va-t-il évoluer dans les prochaines années, et quelle place Marechal Fraîcheur compte-t-elle occuper dans cette évolution ?

Je sens une vraie bascule dans la manière dont on va penser le marketing des produits frais. On passe d’un regard transactionnel à un regard relationnel et éthique. Dans les années à venir, à mon sens trois grandes dynamiques vont s’affirmer, et chacune transforme la manière dont on raconte et on vend ces produits.

L'authenticité : être authentique va devenir la norme (ou l'est même déjà). Les consommateurs ne se contentent plus d’étiquettes ou de slogans, ils veulent des preuves tangibles : qui produit, comment, avec quelles pratiques agricoles, et avec quel impact sur l’environnement et la communauté. Les marques qui sauront mâcher cette tension entre transparence et simplicité vont sortir du lot.

Ensuite, le contenu éducatif va occuper une place centrale dans le marketing des produits frais. On va aller au-delà de l’« attrape regard » pour vraiment cultiver la compréhension. Cela peut prendre la forme de récits des producteurs, d’explications sur la saisonnalité, d’outils interactifs pour planifier ses menus en fonction des saisons (sûrement liés à l'IA), ou encore de formats immersifs qui rapprochent le consommateur du terrain.

Enfin, l’expérience client va s’étendre bien au-delà du moment d’achat. On va intégrer davantage d’accompagnement, de recommandations personnalisées, de conseils nutritionnels ou de recettes saisonnières. Le marketing des produits frais deviendra une sorte de conseil continu, une conversation plutôt qu’une simple transaction.

Dans cette évolution, chez Maréchal Fraîcheur on ne vise pas à être un marqueur publicitaire. On préfère jouer la carte de l'artisanat, de la transparence, de la pédagogie et de l’humain. Ce sont pour moi les piliers d’une façon pérenne de communiquer sur les produits frais, surtout via un site e-commerce. Notre ambition, c’est que chaque client se sente non seulement bien informé, mais aussi confiant dans ses choix alimentaires.

On aimerait réussir à notre échelle à réconcilier ce qui se passe dans les champs avec ce qui arrive dans les assiettes, et à faire en sorte que cette connexion soit claire, joyeuse et motivée par des valeurs durables plutôt que par des promesses creuses.

Quel conseil donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaitent soutenir ou s'engager dans le domaine des produits frais ?

Je leur dirais de commencer simplement, sans chercher la perfection. Faire des choix un peu plus conscients, un peu plus curieux, à chaque achat.

D’où vient ce produit ? Est-ce la saison ? Pourquoi il n’est pas toujours disponible ? Plus on comprend ce qu’il y a derrière un fruit ou un légume, plus on change naturellement sa manière de consommer.

Ensuite, je dirais d’accepter l’imperfection. Les produits frais, surtout locaux, ne sont pas toujours calibrés, ni constants. Et c’est justement ce qui fait leur richesse. Apprendre à cuisiner avec ce que la nature propose, au moment où elle le propose.

Enfin, soutenir les produits frais, c’est aussi soutenir des femmes et des hommes : producteurs, artisans, commerçants de quartier. Choisir des circuits courts de proximité, se rendre chez ses commerçants de quartier, sur les marchés... c’est participer à un écosystème vivant, pas juste à un acte d’achat.
Manger frais, local et de saison doit rester un plaisir, pas une contrainte. Quand le plaisir est là, l’impact suit naturellement.

Pour en savoir plus : https://www.marechal-fraicheur.fr/

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